Fontenoy
11 mai 1745
Au printemps 1745, la France combat dans la guerre de Succession d’Autriche, ouverte après la mort de l’empereur Charles VI en 1740. Le maréchal Maurice de Saxe porte l’offensive dans les Pays-Bas autrichiens, dans l’actuelle Belgique, et entreprend le siège de Tournai. La prise de cette place forte doit faciliter la progression française. Une armée réunissant des Britanniques, des Hanovriens, des Néerlandais et des Autrichiens, commandée par le duc de Cumberland, marche au secours de la ville.
Sans abandonner le siège, Maurice de Saxe se porte au-devant de cette armée et choisit son terrain près du village de Fontenoy, au sud-est de Tournai. Il fait fortifier Fontenoy et Antoing, sur l’Escaut, et complète ses positions par des redoutes, petits ouvrages défensifs garnis d’artillerie. Ces points d’appui doivent briser les attaques et soumettre l’adversaire à des tirs croisés. Derrière eux, l’infanterie et la cavalerie restent disponibles pour intervenir. Louis XV et le dauphin assistent au combat : la campagne engage aussi le prestige de la monarchie.
Le 11 mai 1745, les Alliés attaquent. Les troupes néerlandaises échouent devant les villages fortifiés. Au centre, les bataillons britanniques et hanovriens avancent entre les positions françaises. Leurs salves font reculer les premières lignes adverses ; leur progression menace de rompre le dispositif de Maurice de Saxe. Cette masse d’infanterie, restée célèbre sous le nom de « colonne de Fontenoy », constitue désormais le principal danger pour les Français.
L’avance alliée ne suffit pourtant pas à emporter la décision. Les points fortifiés tiennent, et la formation anglo-hanovrienne subit des tirs sur ses flancs. Faute d’un succès comparable des autres attaques, elle s’enfonce dans les lignes françaises sans recevoir l’appui nécessaire. La cohésion de ses bataillons leur permet de résister, mais leur position devient de plus en plus difficile à maintenir.

Maurice de Saxe engage ses réserves et coordonne les assauts de l’infanterie et de la cavalerie. La brigade irlandaise au service de la France participe à la contre-attaque. Éprouvés par les tirs et les charges, les bataillons de Cumberland finissent par reculer. L’armée alliée abandonne le champ de bataille, sans être anéantie. Les Français restent maîtres du terrain et peuvent poursuivre le siège de Tournai, qui capitule dans les semaines suivantes.
La victoire est meurtrière : les deux camps comptent des milliers de morts et de blessés. Elle révèle l’efficacité d’une défense préparée, soutenue par l’artillerie, puis d’une contre-attaque coordonnée. Elle donne aussi un grand prestige à Maurice de Saxe et à Louis XV. Fontenoy ouvre une série de succès qui permettent aux Français d’occuper une grande partie des Pays-Bas autrichiens. Mais ces conquêtes sont restituées à la paix d’Aix-la-Chapelle, en 1748 : la victoire militaire n’aboutit pas à leur annexion durable. La bataille s’inscrit ainsi dans le bilan contrasté du règne de Louis XV.